L’histoire de Shania Twain est celle d’un courage hors du commun, d’une vie marquée par la douleur, mais aussi par la victoire. Née à Timmins, en Ontario, elle a grandi dans la pauvreté, au sein d’une famille brisée. Après le décès prématuré de ses parents, elle a dû mettre ses rêves entre parenthèses pour élever seule ses quatre jeunes frères et sœurs. Sa passion pour la musique, cependant, est restée son refuge, son espoir… et plus tard, le chemin vers une renommée internationale.
Une enfance marquée par le manque
Dès son plus jeune âge, Shania a connu la précarité. Sa famille, installée dans une petite ville du Canada, peinait à subvenir aux besoins essentiels. Son beau-père, engagé dans un travail mal rémunéré de reboisement, et sa mère, dépressive, ne parvenaient pas à offrir à leurs enfants une vie stable. Shania, l’une des cinq enfants, apprit à survivre au milieu de la faim, des tensions et du désespoir. La musique devint alors son échappatoire.
Une guitare, une forêt, et des rêves
À l’école, elle vivait dans la honte de ne pas avoir de déjeuner. Pour cacher cela à ses camarades, elle inventait des excuses : « Mon lunch est dans mon casier. » Après les cours, elle partait seule dans la forêt avec sa guitare, allumait un petit feu et chantait pour apaiser ses douleurs et oublier sa faim.
Dès l’âge de huit ans, sa mère, consciente de son talent, l’encouragea à chanter dans des bars locaux, bien après minuit, lorsque les clients étaient déjà bien alcoolisés, contournant ainsi les règles d’âge. À quatorze ans, Shania travaillait chez McDonald’s tout en poursuivant l’école et ses prestations dans les bars, afin d’aider financièrement la famille.
Une enfance brisée par l’abus
Mais les difficultés de Shania ne se limitaient pas à la pauvreté. Son beau-père, qui avait adopté légalement les enfants, s’est révélé être un homme violent. Un jour, la peur laissa place à la colère : elle lui lança une chaise pour se défendre. Ce moment symbolisa le début de sa lutte pour survivre.
Pire encore, dès l’âge de dix ans, elle fut victime d’abus sexuels de la part de cet homme. Cette trahison détruisit son sentiment de sécurité. Elle garda ce secret pendant des années, jusqu’au jour où elle décida de briser le silence, soulignant l’importance de témoigner pour aider d’autres victimes.
Le poids du deuil et la naissance d’une vocation
À vingt-deux ans, la tragédie frappa de nouveau. Ses parents périrent dans un accident de voiture. Du jour au lendemain, elle devint responsable de ses frères et sœurs. Pour subvenir à leurs besoins, elle accepta un travail de chanteuse dans un complexe hôtelier. Ses journées étaient éreintantes : couper du bois pour chauffer la maison, préparer les enfants pour l’école, chanter le soir jusqu’à l’épuisement.
Mais malgré les épreuves, elle n’oublia jamais sa passion. Dès que ses frères et sœurs furent plus autonomes, elle reprit sa route musicale. Elle enregistra une maquette et l’envoya à plusieurs maisons de disques, jusqu’à ce que Mercury Nashville lui tende la main. Ce fut le tournant de sa carrière.
De la douleur à la gloire
Sa rencontre avec le producteur Robert “Mutt” Lange donna naissance à un duo artistique puissant. Ensemble, ils composèrent des titres qui firent le tour du monde. Mais derrière ce succès se cachait une blessure à venir : leur mariage s’effondra lorsque Shania découvrit la trahison de Lange avec l’une de ses amies proches.
Ironie du sort, c’est dans la douleur que Shania trouva à nouveau l’amour — auprès de Frédéric Thiébaud, le mari de la femme avec qui Lange l’avait trompée. Une relation née de la souffrance, mais fondée sur la compréhension mutuelle. Ils se marièrent en 2011.
Une voix en péril, mais un esprit inébranlable
Quelques années plus tard, une nouvelle épreuve frappa : Shania perdit sa voix à cause de la maladie de Lyme. Une décennie de lutte, d’opérations, de doutes. Mais elle n’abandonna jamais. Malgré une voix légèrement changée, elle revint sur scène, plus forte, plus déterminée que jamais à partager sa musique.
Une légende inspirante
Shania Twain incarne la résilience à l’état pur. Partie de rien, blessée par la vie, elle a transformé ses cicatrices en mélodies, ses douleurs en hymnes universels. De la petite fille affamée de Timmins à la star planétaire, son parcours bouleverse, inspire et rappelle qu’avec du courage, de la persévérance et de l’amour, tout est possible.